Boy J

06 août 2009

22:11 p.m

A nouveau, cet anneau de fer qui me sert les entrailles. A nouveau, je me rends, par manque de force, par manque d’envie. Une nouvelle fois je suis incapable d’identifier ce qui me tiraille, me brûle et me laisse, haletant, prostré par terre, mais c’est là, à nouveau. Je vois tous ces gens autour de moi et même cette femme qui reste assise toute la journée la main dressée vers les passants fuyants, absents et pressés me semble mieux réussir que moi. Réussir à quoi ? A ne pas se noyer. A éviter les écueils aussi, ces moments de doutes sur lesquels moi je bute et me brise parce que je regardais ailleurs.

Posté par Boy J à 22:12 - Les lendemains - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


19 avril 2009

J'arrête

Parce qu'écrire sur ce que je ressens, c'est trop dur pour l'instant.
Parce que je mentirais si je le faisais.
Parce que je n'arrive plus à transformer ce qui me détruit en force qui me rend inébranlable.
Parce que je n'arrive pas à écrire avec les larmes qui coulent.
Parce que ce qui ne me tue pas ne me rend plus plus fort, au contraire.
Parce que mes doigts me désobéissent.
Parce que j'ai besoin d'air. De vivre un peu plus.

Je vous laisse quelques temps. Le temps d'une chanson. Le temps que je sois à nouveau capable de mettre mes émotions par écrit. Le temps que je sache dans quelle direction avancer. Le temps que je retrouve ce goût pour la vie qui m'a animé. Le temps d'attendre le métro. Le temps aussi d'arrêter de chercher l'amour parce que la solitude me pèse. Le temps de savoir comment écrire pour moi et non plus contre moi. Le temps de trouver une façon de leur dire à tous que je les aime. Le temps aussi d'arrêter de faire les choses pour les mauvaises raisons.

Je me répète, no worries. J'ai de très bons amis qui savent s'y prendre (Étienne, si tu passes par là...) et j'ai trop aimé la vie pour l'oublier si vite. Je me répète donc, c'est juste que j'ai mal au cœur. C'est un peu plus long à passer que d'habitude, c'est tout.

Posté par Boy J à 21:01 - Les lendemains - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

12 avril 2009

Prends ma main...

…comme on attrape une bouée de sauvetage. Je ne peux rien faire d’autre, juste te tendre la main. T’écouter parler, t’offrir une épaule, quelques mots de réconfort seront, je l’espère, suffisants. Calmer ta peine semble impossible et je dois me contenter de te voir voguer avec peine sur la mer agitée et sans répit qu’est la vie.
Il me faudrait trouver le chemin sur lequel t’orienter, trouver la destination vers laquelle tu devrais chercher à aller ; cela me semble si dur, si impossible que je suis toujours près de renoncer et d’abdiquer. Pourtant, sois sûr que je te comprends et que je sais si bien les tourments qui t’agitent. Si quelques mots seuls suffisaient à te soulager un peu, le temps d’une courte chanson, ce petit texte serait ces mots. Mais ils n’ont pas encore ce pouvoir et les miens sont trop faibles et trop hésitants pour avoir un seul pouvoir. Si ces mêmes mots avaient la capacité à te rendre ton sourire pour toujours, crois-moi, j’en serais heureux. Mais ils n’en sont pas capables et me permettent de te dire seulement cette petite, ridicule et inutile phrase : je suis là.
On ne se connaît pas depuis longtemps et pourtant j’ai l’impression d’avoir trouvé une partie de moi qui manquait depuis 20 ans, de te connaître depuis longtemps malgré notre rencontre récente. Tu as cette fissure qui est celle des gens qui comprennent un peu plus que les autres que la vie, ça n’est pas vraiment ce à quoi ça ressemble. Tu attends aussi. Pas la même chose que moi, et pas de la même manière, mais tu attends. Ton courage m’étonne et me fait envie. J’aimerais parfois être capable de toutes ces choses que toi tu oses sans sourciller parce que, autrement, la vie ne vaut pas être vécue alors pourtant, tu reçois plus de gifles que tu n’en mérites. Il faut dire que tu n’en mérites aucune…
Pour toutes ces choses qui te paraissent insurmontables et impossibles, difficiles à vivre ; pour cette attente qui se prolonge, cette cassure qui se fait plus grande, je te dis courage car je n’ai moi-même aucune leçon à te donner, mais tellement à recevoir de toi. N’hésite pas si de temps en temps, la pluie tombe trop longtemps sur toi, j’aurai toujours assez de soleil pour nous deux. Prends ma main comme on attrape une bouée de sauvetage. Je ne peux rien faire d’autre, juste te tendre la main. T’écouter parler…

Posté par Boy J à 19:23 - Les lendemains - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : ,

11 avril 2009

Blanche-Neige

Il entra dans le vieux bar de la rue B. Personne n’était à l’intérieur hormis un vieux couple de chômeurs alcooliques, indécrottables habitués de leur vin quotidien.  Il les reconnut car il était déjà passé devant le bar à plusieurs reprises. Il aperçut aussi, derrière le comptoir, un visage qu’il ne connaissait pas. C’était la première fois qu’il le voyait. A peine entré, il eut un léger mouvement de recul qui passa inaperçu mais qui le troubla. Sa marche avait été perturbée par cette nouveauté et il craignait que sa volonté ne l’ait été également. Les choses ne se passaient pas comme il pensait qu’elles se dérouleraient ; le changement avait été strictement et méthodiquement banni de sa vie et les surprises n’étaient jamais les bienvenues.  Celle-ci ne lui faisait guère plaisir.

Il traversa rapidement le bar et atteignit le comptoir sur lequel il posa un billet de 5 euros.

« Une demie s’il vous plait. »

Alors que la jeune femme s’affairait à préparer sa commande, il scruta son visage avec attention. Elle avait des traits d’une déconcertante régularité, frôlant la perfection. Ses cheveux bruns tombaient en petites boucles sur ses épaules, la lumière s’y reflétant parfois. Lorsqu’elle posa devant lui la boisson qu’il avait commandée et la monnaie de son billet, elle lui sourit. Il sentit alors son cœur cesser de battre un court instant, avant de repartir de plus belle, agité de mille et une nouvelles sensations qu’il ne maitrisait pas plus qu’il ne connaissait. Souffrant tout en se sentant léger, volant à la fois sur une bise légère et emporté par une tornade violente et dévastatrice, il saisit un tabouret et s’y assis, le souffle coupé. Le décor du bar s’estompait et disparaissait pour ne laisser de vivaces que la silhouette enchanteresse de la serveuse et son sourire angélique. Ses lèvres pulpeuses, maquillées d’un rouge qui faisait se dégager d’elles une énergie et une puissance inégalées. Elles étaient rehaussées par les dents parfaitement blanches et la peau pâle, quasiment fantomatique de la jeune femme. Jamais encore il n’avait vu une telle beauté et surtout, il n’avait jamais rencontré une créature qui soit à la fois si belle et si innocente. Il sentit alors une pression contre sa cuisse, triviale en cet instant de grâce. Plongeant la main dans la poche de son vieux pantalon, il ferma les yeux afin d’éloigner de lui cette vision éthérée.

Le geste fut vif, fugace, un éclair en plein jour. La pression sur la petite gâchette, invisible. La balle partit du canon dans un éclat de tonnerre et traversant l’espace-temps à une vitesse horrifiante, elle vint se loger dans le crâne de la jeune femme.

Cette nuit-là, il rentrait chez lui, longeant les quais du Rhône. La lune se levait à l’est, rouge, tintée de sang. Rouge, comme si une jeune serveuse à la peau pâle l’avait embrassée.

Posté par Boy J à 17:31 - Contes d'ordinaires - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,

08 avril 2009

POLAROID PORNOGRAPHY

Bob

[All the money of the world
My pictures of vaginas
And my head on a plate]

[Enlève tes gants, beauté de porcelaine,
Et regarde-moi.
J'ai faim de toi
Et tu n'es rien pour moi.
Déshabille-moi
Belle de nuit, avant que ne se lève le soleil.]

[Elle écrase sa cigarette
Sur le revers de ma main
Et pose ses lèvres
Là où personne ne les pose jamais]

[Boys doing things with boys
Like they'd do with girls
Are no freaks
They're much more clever]

[Faire l'amour sur un lit
Ou sous le canapé]

[Monoprix is the new sexy]

[Having sex on the top of the piano
Cause there's nothing else to do
But dance, drink and screw
On the top of the piano
Cause there's nothing else to do
But dance, drink and screw
On the top of the piano
Cause there's nothing else to do]

[Talk dirty
Dirty dirty filthy
And call me love]

[Rose McGowan is a gifted slut.
Paris Hilton is (almost) a gifted slut.
Britney Spears is (not) a gifted slut (at all).
Amy Winehouse is a gifted (and drunk) slut.
And we live on slut culture.]

[You do know you like boys,
Don't you?]

[Time for rotten heroes
And drunk bastard
Girls walking
Are sluts-to-be]

Posté par Boy J à 22:18 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,